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HISTORIQUE DU MUSÉE ET DE LA CITADELLE
Les origines du musée
Le musée de la Compagnie des Indes, classé parmi les « musées de France », c’est-à-dire sous tutelle de l’Etat, est le musée municipal de la Ville de Lorient.
Un premier musée municipal a été crée à Lorient en 1878 mais ses collections sont en grande partie détruites par les bombardements de 1943. C’est une exposition organisée en 1966 à l’occasion de la célébration du tricentenaire de la fondation de la ville de Lorient, « Lorient et la mer – 300 ans d’histoire », qui préfigure la renaissance d’un musée, dont les collections rendent compte de la vocation première de la ville de Lorient, port principal français de la Compagnie des Indes.
Le musée vient par la suite s’implanter à la Citadelle de Port-Louis en 1977, et ouvre ses portes au public en 1984.
Le concept du musée de la Compagnie des Indes est unique en France. Il évoque les liens qui unissent l'histoire de Lorient et celle des différentes compagnies françaises des Indes aux 17e et 18e siècles.
Des documents historiques, des maquettes de vaisseaux, du mobilier, des porcelaines de Chine et de nombreux objets extra européens témoignent de cette épopée maritime et exotique ainsi que des échanges commerciaux et culturels développés avec l'Afrique, l'Asie et l’Amérique par Lorient, port d'armement et siège des ventes de la Compagnie des Indes.
Les fonds rassemblés par l’Association des Amis du Musée de Lorient permettent l’acquisition du premier noyau des collections du futur musée de la Compagnie des Indes. Ce premier ensemble est complété par une politique d’acquisition de la Ville de Lorient et par des dépôts d’oeuvres.
Les collections continuent à s’accroître notamment par d’importantes commandes de maquettes de navires - la plupart réalisées par M. Jean Delouche, maquettiste de Marine – mais encore par des dépôts de musées nationaux, enrichies également par différents dons (dont celui du Dr François Hervouët et ceux des Amis du musée).
Depuis, les collections du musée ne cessent de s’enrichir, s’ouvrant à toutes les facettes des Compagnies des Indes : peinture, textiles, cartes et gravures, mais aussi épices et porcelaines, etc.
La naissance d'une forteresse
Elevée sur une pointe rocheuse à l'entrée de la rade de Lorient, la citadelle de Port-Louis est un imposant édifice marqué par les événements de l'histoire bretonne des XVIe et XVIIe siècles.
Quand, après l'assassinat de Henri de Guise, le duc de Mercoeur, gouverneur de Bretagne, voit que la succession du trône de France doit revenir au roi protestant Henri de Navarre, il se jette dans la révolte. Représentant de la Ligue en Bretagne, il appelle en renfort le roi Philippe II d'Espagne.
En 1590, 3 000 espagnols débarquent à Port-Louis, connu alors sous le nom de Blavet. Don Juan del Aguila devient gouverneur de la place et entame la construction des fortifications. Cette nouvelle citadelle, appelée "Fuerte del Aguila", le fort de l'Aigle, est édifiée en 1591, sous la conduite de Cristobal de Rojas, ingénieur des fortifications de Cadix, qui aménage dans le même temps une puissante forteresse à Roscanvel, en face de Brest.
En 1598, à la fin de l'occupation espagnole, les Etats de Bretagne et Henri IV demandent au Maréchal de Brissac la démolition totale de la citadelle. On conserve cependant deux bastions et une courtine, les piles du pont, les casernes, les deux corps de garde et la chapelle. Considérant, à partir de 1610, la position stratégique de la place à l'entrée de la rade, Louis XIII décide en 1616 de la reprise des travaux, confiés à l'architecte Jacques Corbineau, bâtisseur du château de Brissac.
La réalisation de la demi-lune et l'établissement d'un plan capable de soutenir un siège sont discutés à maintes reprises. Ce n'est donc qu'en 1641 que le cardinal de Richelieu confie à Nicolas Gilles l'achèvement des travaux de fortification de la citadelle.
Quarante ans plus tard, en 1683, Vauban, en visite à Port-Louis, formule quelques critiques à l'égard des bastions, qu'il juge trop aigus. Malgré ces défauts, le grand ingénieur estime cependant que " la situation de la citadelle est si avantageuse en elle-même que rien n'empêche qu'on puisse considérer le Port-Louis comme une bonne place."
Le plan de la citadelle est un rectangle bastionnée aux angles et sur les côtés. la partie tournée vers la ville est protégée par une demi-lune que l'on franchit par un petit pont dormant en pierre reconstruit en 1779.