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Les populations arabes, grâce notamment à leur implantation géographique autour du bassin méditerranéen, prirent rapidement le contrôle du commerce avec l’Asie.
Les Portugais furent les premiers Européens à chercher à contourner le monopole arabe. Il leur fallut mettre au point une route maritime vers « les Indes orientales ». Encouragés par l’Infant du Portugal Henri le Navigateur et par de nouvelles découvertes technologiques en matière de navigation (gouvernail d’étambot, boussole, voiles latines, progrès de la géographie), ils réussirent à longer les côtes de l’Afrique. Bravant l’inconnu et leurs peurs, ils dépassèrent le mythique cap Bojador en 1434 au-delà duquel l’océan était réputé bouillir. Bartolomeo Diaz franchit le cap de Bonne Espérance en 1488 et Vasco de Gama atteignit la côte occidentale indienne en 1498.
Les Portugais devinrent les maîtres des mers vers l’Asie et Lisbonne le centre d’approvisionnement de l’Europe en matières premières venues d’Asie.
Anglais et Hollandais créent les premières compagnies des IndesSouhaitant évincer les Portugais, les Anglais et les Hollandais fondèrent respectivement, en 1600 et 1602, l’East India Company et la Vereenigde Oost Indiche Compagnie (VOC), inaugurant ainsi l’ère des compagnies de commerce à chartes. Les compagnies des Indes étaient des entreprises de négociants qui reçurent du pouvoir différents privilèges pour l’exercice du commerce vers des contrées lointaines. Au premier chef de ces privilèges figurait le monopole exclusif des échanges commerciaux. Les compagnies commerçant avec les pays situés à l’ouest du Cap de Bonne-Espérance étaient les Compagnies des Indes occidentales ; les compagnies commerçant avec les pays situés à l’est du Cap de Bonne-Espérance étaient les Compagnies des Indes orientales. |
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La Compagnie des Indes en FranceEn réalité, trois Compagnies des Indes se succédèrent en France. La Compagnie de Colbert (1664-1719) C’est Colbert qui prit l’initiative de créer en 1664 une « Compagnie des Indes orientales » capable de concurrencer les compagnies étrangères. Une « Compagnie des Indes occidentales » fut créée la même année mais disparut dès 1674. Le manque structurel de capitaux, les échecs commerciaux et les nombreux conflits européens ne permirent pas à la Compagnie française des Indes orientales d’atteindre le niveau des compagnies concurrentes. La Compagnie perpétuelle des Indes (1719-1769) Elle résulte d’une fusion de la Compagnie des Indes orientales, fondée par Colbert, et des autres compagnies qui s’étaient créées depuis : la Compagnie de Chine, la Compagnie d’Occident, la Compagnie du Sénégal, la Compagnie d’Afrique, la Compagnie de Saint-Domingue et de la traite de la Côte de Guinée. Elle fut la compagnie française la plus importante par l’étendue de son domaine commercial et ses moyens financiers. Elle exerça sur ses territoires d’influence les droits régaliens qu’elle avait reçu dans son édit de fondation. La Compagnie de Calonne (1785-1793) Elle fut créée par Charles-Alexandre de Calonne, Contrôleur Général des Finances du royaume. Contrairement à la précédente, la Compagnie de Calonne n’avait pas de pouvoir civil ni militaire dans les comptoirs. Elle perdit ses privilèges dans la nuit du 4 août 1789 mais continua de fonctionner jusqu’en 1793. |
Lorient et la Compagnie des IndesUne commission d’enquête eut pour mission de désigner le site des côtes françaises approprié pour accueillir le port de la compagnie. Après une première installation au Havre, c’est la rade de Port-Louis sur la côte sud bretonne qui fut désignée. L’endroit était naturellement protégé par l’île de Groix et la citadelle construite à la fin du XVIe siècle permettait le contrôle et la défense de l’entrée de la rade. Ce lieu avait également une position stratégique pour l’approvisionnement des marchandises nécessaires à la construction navale en raison notamment de la proximité de Nantes. En 1666, le Roi octroya à la compagnie les landes du Faouédic, terrains vierges de sept hectares sur la rive droite du Scorff. La compagnie y installa d’abord son chantier de construction et d’armement de navires puis d’autres équipements, tels que les magasins de marchandises, la salle des ventes, les appartements et les bureaux du directeur… Autour de l’enclos du port renfermant les infrastructures de la compagnie, les ouvriers commencèrent à construire des logements, d’abord rudimentaires. La ville de Lorient était née et allait prendre son essor au long du XVIIIe siècle. |
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D'où vient le nom de la Ville de Lorient ?Le nom de la ville proviendrait du premier navire construit par la compagnie des Indes : il s’agissait du Soleil d’Orient, vaisseau de 60 canons et 1000 tonneaux. Les ouvriers travaillant à la construction du navire auraient fini par appeler le chantier « Le Soleil d’Orient », puis « L’Orient » par métonymie. |
Comment fonctionnaient les compagnies des Indes ?La déclaration du Roi d’août 1664 énonçait les privilèges de la compagnie : monopole du commerce, droit de propriété des terres occupées, droit de justice souveraine, droit d’armer des navires de commerce et de guerre, droit d’établir des garnisons, droit de battre monnaie et même « le droit d’esclavage et autres droits utiles qui pourroient nous appartenir à cause de la Souveraineté desdits Pays ». La côte d’Afrique, Madagascar et les îles voisines, l’intérieur de la mer Rouge, les côtes arabes, les côtes de Malabar, de Coromandel ainsi que le Bengale en Inde et enfin la Chine et le Japon furent désignés en 1665 comme les terres à « exploiter ». Au fur et à mesure de l’histoire des compagnies, certaines terres furent abandonnées, comme Madagascar au profit des Mascareignes. D’autres terres, comme la Louisiane et Saint-Domingue au début du XVIIIe siècle, entrèrent pour un temps dans le giron de la compagnie. Le capital des compagnies était divisé en actions. Les fonds réunis auprès des différents actionnaires, dans l’espoir des dividendes futurs, permettaient de couvrir les frais dispendieux qu’impliquaient les longs et périlleux voyages maritimes vers l’Asie ainsi que l’entretien des comptoirs et les appointements du personnel. Des droits de douane étaient payés pour l’importation des marchandises destinées à la revente tandis que les marchandises importées pour les propres besoins de la Compagnie, étaient dispensées de droits d’entrée dans le royaume. |
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Les escalesIl fallait 8 à 10 mois aux bateaux pour rejoindre l’Asie. L’obligation de relâcher pour se procurer de l’eau et des vivres frais ainsi que pour réparer les navires et reposer les équipages - souvent malades après quelques mois de mer (du scorbut notamment) - contraignit chaque compagnie européenne à rechercher des lieux d’escale. Les Anglais s’installèrent sur l’île de Sainte-Hélène et les Hollandais à la pointe sud de l’Afrique fondant la ville du Cap. Après l’échec de la mise en valeur de Madagascar, les Français, sous la conduite de l’administrateur Mahé de la Bourdonnais, déployèrent leurs installations dans l’archipel des Mascareignes sur l’île de France (île Maurice) et l’île Bourbon (île de la Réunion). |
![]() Coton indien imprimé / © Musée de la Compagnie des Indes, Ville de Lorient | ![]() Porcelaine chinoise / © Yvon Boëlle | ![]() Soie brodée chinoise / © Musée de la Compagnie des Indes, Ville de Lorient | ||
Les matières premières (épices, thé, café, drogues médicinales, bois, … ) et les technologies non maîtrisées en Europe (coton tissé et imprimé, porcelaine et soie chinoises) firent leur apparition sur le port de Lorient. Leur vente aux riches populations permettait de dégager des dividendes au profit des nombreux actionnaires de compagnies.
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